Un projet de maison, une extension de 20 m², un carport en limite de propriété… Sur le papier, tout tient sur quelques plans et un formulaire de permis de construire. En pratique, l’autorisation administrative ressemble vite à un parcours à plusieurs étages, où chacun semble avoir son mot à dire. Entre la mairie, la préfecture, les services d’urbanisme et, en bout de chaîne, le tribunal administratif, le jeu d’acteurs peut dérouter même les bricoleurs avertis. Qui signe vraiment, qui contrôle, qui peut bloquer, qui peut sauver un dossier mal parti ? Et surtout, comment éviter de perdre six mois sur un simple défaut de compréhension de la réglementation locale ?
Sur le terrain, la décision finale appartient, dans l’immense majorité des cas, au maire. Mais ce maire n’agit pas seul, et il n’a pas toujours le dernier mot. L’État veille via le préfet, les voisins peuvent déclencher des recours, et le juge administratif tranche quand tout le monde s’accroche à sa lecture du droit de la construction. Pour un propriétaire comme Paul, qui veut par exemple ajouter un carport adossé à sa maison tout en restant dans les clous, comprendre qui décide quoi change tout. Savoir comment les avis techniques remontent, dans quels cas la préfecture reprend la main, et à quel moment un recours gracieux ou un recours contentieux devient utile, permet de piloter un projet sans subir.
En bref
- Dans une commune avec PLU, le maire signe presque toujours le permis de construire, même s’il s’appuie sur un service d’urbanisme mutualisé.
- Le préfet n’instruit directement que dans des cas précis : absence de PLU, compétence non prise par la commune, ou défaillance de celle-ci.
- Les refus doivent être motivés sur des bases juridiques claires (PLU, sécurité, environnement, patrimoine) sous peine d’être fragiles devant le juge.
- Les recours suivent un ordre logique : d’abord gracieux auprès du maire, éventuellement hiérarchique, puis contentieux devant le tribunal administratif.
- En cas de litige lourd, c’est toujours le juge administratif qui a le dernier mot, pas le maire ni le préfet.
Permis de construire et mairie : qui décide vraiment au quotidien
Pour la plupart des projets, la réponse tient en une phrase simple : dans une commune dotée d’un PLU, la mairie est la porte d’entrée et de sortie de votre permis de construire. Le maire signe l’autorisation administrative ou le refus, en son nom et au nom de la commune. C’est donc lui qui assume politiquement l’acceptation d’une extension, d’un lotissement, d’un immeuble ou d’un carport visible depuis la place du village.
Soyons clairs : cela ne veut pas dire que le maire étudie lui-même les coupes, les plans de masse, les hauteurs d’acrotères et la gestion des eaux pluviales. Dans beaucoup de petites villes, l’instruction est déléguée à un service d’urbanisme intercommunal ou départemental. Sur le terrain, voilà ce que ça donne : Paul dépose son dossier de carport adossé à la maison, la mairie transmet à un service instructeur, qui vérifie point par point la conformité au PLU, au code de l’urbanisme et aux servitudes éventuelles.
Au bout de quelques semaines, ce service rend un avis, le plus souvent favorable avec des prescriptions (type de couverture, teinte des menuiseries, position exacte par rapport à la voie). Pourtant, même avec cet avis, le maire garde la main. Mon avis posé : il faut considérer l’avis de l’instructeur comme un diagnostic technique, et la signature du maire comme une décision politique au sens noble, c’est-à-dire intégrant l’intérêt des riverains, l’esthétique globale et les engagements de la commune.
D’expérience, trois cas de figure reviennent souvent sur les chantiers résidentiels :
- Le projet est conforme, discret, sans enjeu particulier : le maire suit l’avis favorable, le permis est accordé sans histoire.
- Le projet est légal mais sensible (vue sur un monument, impact fort sur le voisinage) : le maire peut ajouter des prescriptions ou demander des ajustements avant signature.
- Le projet frotte avec la réglementation locale ou des engagements politiques (densification, protection des terres agricoles) : même avec un avis technique prudent, le maire peut décider d’un refus, en motivant finement.
Un exemple concret : dans une commune de périphérie toulousaine, un propriétaire souhaitait une grosse extension toit plat côté rue. Sur le papier, le PLU autorisait l’emprise au sol et la hauteur. Les services d’urbanisme avaient rendu un avis favorable, à condition d’adapter le bardage. Le maire a finalement refusé, en s’appuyant sur les orientations d’aménagement du quartier, qui privilégiaient des volumes à toiture inclinée. Le refus a tenu juridiquement parce qu’il était appuyé sur des textes précis, pas sur un simple « ça ne me plaît pas ».
Ce que peu de gens vous diront : la qualité du dialogue en amont avec la mairie pèse lourd. Un rendez-vous en urbanisme avant de déposer, avec un croquis, une idée de volumétrie et quelques photos du quartier, permet souvent d’ajuster le projet. Pour un carport ou une extension, jeter un œil à des articles dédiés, par exemple sur le carport adossé à la maison ou le prix d’une extension à toit plat, aide aussi à calibrer volume et implantation avant même de parler permis.
Au passage, ne pas confondre avis politique et passe-droit. Un maire qui signerait un permis illégal pour « rendre service » à un administré prend le risque d’un signalement par la préfecture et d’une annulation par le tribunal. Sur un chantier, entendre « le maire m’a dit que ça passera » sans plan ni lecture du PLU, c’est un bon signal d’alarme pour lever le pied.

En résumé de cette première étape : pour tout projet en zone couverte par un PLU, le centre de gravité reste la mairie, et négliger ce dialogue de proximité est la meilleure façon de se créer des ennuis inutiles.
Préfecture et État : quand le maire n’a pas le dernier mot
Derrière la façade de la mairie, l’État garde toujours un œil sur les décisions d’urbanisme. La préfecture joue un double rôle : parfois décisionnaire directe de l’autorisation administrative, parfois contrôleur de légalité des décisions municipales. Pour un particulier, le plus important est de savoir identifier les contextes où le préfet peut faire bouger la décision finale.
Premier cas classique : la commune sans PLU ni document d’urbanisme équivalent, ou qui a choisi de ne pas exercer la compétence. Dans ces territoires, souvent ruraux, c’est le représentant de l’État qui délivre le permis de construire. Le dossier se dépose souvent en mairie, mais remonte vers les services de l’État pour instruction et signature. Paul, qui veut construire une maison neuve en pleine campagne, devra donc se caler sur le règlement national d’urbanisme appliqué par la préfecture, plus strict sur les constructions isolées le long des routes.
Deuxième cas, moins connu : la défaillance de la commune. Si le maire ne statue pas dans les délais prévus par le code de l’urbanisme (en général deux ou trois mois selon la nature du projet), on parle de permis tacite. Du coup, un silence peut valoir accord, mais un accord fragile. La préfecture peut être saisie pour vérifier la légalité de cette situation, notamment si le projet semble manifestement contraire au règlement. Sur un lotissement en zone inondable, par exemple, un permis tacite attire logiquement l’attention de l’État.
Pour clarifier les rôles, voici un tableau synthétique des principales configurations :
| Situation | Autorité décisionnaire principale | Rôle de la préfecture |
|---|---|---|
| Commune avec PLU compétente | Maire au nom de la commune | Contrôle de légalité a posteriori |
| Commune sans PLU ou compétence non prise | Préfet au nom de l’État | Instruction et signature du permis |
| Permis tacite en cas de silence de la mairie | Bénéficiaire du permis | Peut contester la légalité, saisir le tribunal |
| Permis manifestement illégal accordé par le maire | Maire | Peut demander retrait ou saisir le juge administratif |
Au fait, un point souvent mal compris : le préfet ne peut pas simplement « annuler » par courrier un permis signé par le maire. Il doit, dans les deux mois suivant la transmission de la décision, soit demander au maire de revoir sa copie, soit engager un recours contentieux devant le tribunal administratif pour faire constater l’illégalité du permis. Tant qu’aucun juge n’a tranché, l’autorisation reste valable, ce qui complique les décisions pour le maître d’ouvrage et les entreprises.
Sur un chantier d’extension bois sur maison des années 70, une commune avait accordé un permis en zone à risque d’inondation qualifiée de forte, sans respecter les prescriptions du plan de prévention des risques. La préfecture a attaqué le permis au tribunal. Résultat : travail à l’arrêt, charpente déposée, et un projet à reprendre à zéro. Pas envie d’enrober : démarrer des travaux lourds avant la fin du délai de recours de l’État, c’est jouer avec les allumettes au-dessus du bidon d’essence.
Pour vous donner un ordre d’idée, la préfecture regarde de très près les projets en secteur sensible : zones inondables, sites classés, proximité d’axes routiers importants, zones agricoles protégées. Une maison neuve en lisière de champ, un carport 2 voitures empiétant sur une servitude, un projet d’extension à 50 m d’un monument, tout cela mérite de vérifier l’alignement entre PLU, servitudes et doctrine de l’État. Un détour préalable par des contenus comme le coût de viabilisation d’un terrain ou le budget d’une maison de 100 m² aide à mesurer l’ampleur d’un projet avant d’aller chatouiller ces zones sensibles.
Conclusion de cette séquence État/commune : le maire pilote, mais la préfecture garde un frein à main juridique. Ignorer ce contre-pouvoir, surtout en zone à enjeux, revient à s’exposer à un arrêt brutal bien après avoir sorti la bétonnière.
Motifs de refus et urbanisme local : sur quoi se joue vraiment un permis
Beaucoup vivent le refus de permis comme un jugement subjectif, voire une lubie d’élu. En réalité, dès qu’un dossier arrive à l’instruction, on ne parle plus d’humeur mais de règlementation locale et de droit de la construction. Les services techniques décortiquent votre projet au regard d’une série de documents : PLU, règlement national d’urbanisme, éventuels plans de prévention des risques, servitudes, périmètres de monuments historiques.
Sur une maison neuve, cela touche tout : emprise au sol, hauteur au faîtage, pente du toit, distance aux limites séparatives, nombre de places de stationnement, traitement des eaux pluviales. Sur un projet plus modeste, comme un carport ou une pergola couverte, les mêmes logiques s’appliquent, même si la procédure peut être une simple déclaration préalable. D’ailleurs, avant de lancer un abri pour la voiture, il vaut mieux avoir regardé le sujet de la taxe d’un carport, histoire de ne pas être surpris une fois le toit posé.
Les motifs de refus les plus fréquents tournent autour de quelques familles de problèmes :
- Non-respect du PLU : hauteur excessive, emprise au sol trop grande, recul insuffisant par rapport à la voirie, toiture à pente plate dans une zone qui impose minimum 30°, etc.
- Atteinte à l’environnement ou exposition à un risque : projet en zone inondable non constructible, secteur soumis à feu de forêt sans travaux de défense adaptés, emprise sur un espace boisé classé.
- Problème de desserte et de réseaux : pas d’accès adapté pour les secours, absence de possibilité de raccordement à l’assainissement collectif ou individuel non conforme.
- Atteinte au patrimoine bâti ou paysager : façade aluminium brossé en secteur sauvegardé de centre ancien, ouverture non conforme dans le périmètre d’un monument historique.
- Atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique : construction sur un talus instable sans étude géotechnique, sous-sol habitable dans une nappe phréatique haute.
Chaque refus doit être écrit et motivé, avec la référence aux articles précis du PLU ou du code de l’urbanisme. Sur le terrain, ce courrier est votre feuille de route pour adapter le projet. Un garage refusé pour 40 cm de dépassement en hauteur se recalcule. Une maison de plain-pied refusée en zone inondable où les pièces de vie doivent être à +1 mètre se revoit sur la structure, quitte à envisager un vide sanitaire ou un plancher porté plus haut.
Mon conseil sans détour : avant de dessiner une extension, une véranda ou un étage, il faut lire, calmement, les règles de la zone de votre terrain dans le PLU. Hauteur maxi, emprise, prospects, aspect extérieur, c’est là que tout se joue. Un propriétaire qui commence par « je veux 40 m² de plus, peu importe la forme » se met déjà des bâtons dans les roues. Celui qui part des règles de gabarit pour modeler son volume a bien plus de marge.
Pour vous donner un ordre d’idée très concret, sur un projet d’extension toit plat de 25 m² en zone urbaine, trois points ont bloqué au dépôt initial : emprise au sol dépassant le coefficient, hauteur d’acrotère légèrement au-dessus de la limite et matériaux de façade non conformes aux teintes imposées. Après réduction de l’emprise à 21 m², abaissement de 20 cm et passage à un enduit ton pierre, le permis a été accordé sans autre commentaire. La technique était identique, seul l’habillage réglementaire avait changé.
Bref, la mécanique du refus n’est pas là pour contrarier votre projet, elle rappelle que l’urbanisme est un jeu collectif. Ma position est simple : un dossier bien ficelé sur les règles a dix fois plus de chances de passer qu’un beau projet architectural posé sans tenir compte des contraintes locales.
Recours gracieux, contentieux et rôle du juge administratif
Quand la réponse tombe avec un tampon « refusé », deux options se dégagent : ranger les plans dans un tiroir ou décider de se battre. C’est là qu’entrent en scène le recours gracieux, le recours contentieux et le juge administratif. Comprendre qui fait quoi et dans quel ordre évite de perdre des mois sur une mauvaise stratégie.
Le recours gracieux, c’est le premier étage. Il s’adresse à la même autorité qui a pris la décision, le plus souvent le maire. Vous disposez de deux mois à partir de la notification. Dans ce courrier, l’idée n’est pas de vider son sac, mais de démonter, point par point, les motifs de refus, en montrant soit que le projet respecte en réalité la règle invoquée, soit que la règle n’a pas été lue correctement par l’administration. Ce recours suspend le délai pour saisir le tribunal pendant un mois, ce qui donne un peu d’air pour retravailler le dossier.
Au passage, il est possible de faire un recours hiérarchique auprès du préfet dans certains cas, surtout lorsque l’État est déjà proche du dossier. Ce canal reste moins utilisé en maison individuelle, mais il existe. Il ne bloque pas automatiquement les délais de recours contentieux, d’où l’importance de garder l’œil sur le calendrier.
Si la mairie maintient son refus ou ne répond pas, la balle passe dans le camp du tribunal administratif. Le recours contentieux doit être déposé dans les deux mois suivant la décision ou la réponse négative au recours gracieux. À partir de là, la discussion quitte le terrain politique ou local pour entrer dans celui du droit de la construction et de l’urbanisme, avec avocats, mémoires et délais parfois longs.
Le juge administratif peut :
- Annuler un refus qu’il estime illégal ou insuffisamment motivé.
- Confirmer la position de la mairie ou du préfet.
- Demander une régularisation du permis, par exemple en autorisant une partie du projet et en renvoyant le reste à une modification.
Ce que peu de gens anticipent : saisir le tribunal, c’est souvent un marathon. Sur un projet d’extension de 30 m², une famille a mis près de deux ans à obtenir l’annulation d’un refus qui reposait sur une lecture trop stricte du PLU. Pendant ce temps, impossible de démarrer des travaux sérieux. D’un autre côté, sans ce recours, l’extension serait morte-née.
Mon avis posé : le recours contentieux a du sens pour des projets structurants, avec un enjeu réel de valeur patrimoniale ou de confort de vie. Pour une petite modification, un réajustement du projet dans le cadre du PLU est souvent plus rapide et moins coûteux en énergie. En gros, on ne mobilise pas un tribunal pour sauver 4 m² de terrasse couverte.
Un point à ne pas oublier non plus : les recours peuvent venir de l’autre côté. Un voisin, une association ou même la préfecture peuvent contester un permis accordé, et demander au juge de l’annuler. L’autorisation n’est jamais complètement à l’abri tant que les délais de recours ne sont pas dépassés, ce qui justifie d’éviter les travaux lourds en tout début de période.
Au final, dans ce jeu à plusieurs niveaux, le vrai arbitre s’appelle tribunal administratif. Quand il a parlé, ni le maire ni le préfet ne peuvent s’y opposer. La décision finale lui revient, même si, dans la majorité des cas, tout se règle en amont avec une bonne préparation du dossier et un dialogue un peu sérieux avec l’urbanisme.
Stratégies concrètes pour sécuriser son permis de construire
Après tout ce parcours institutionnel, la question qui reste est simple : comment faire pour que son permis de construire se passe bien, sans roman-feuilleton entre mairie, préfecture et juge ? Sur le terrain, quelques réflexes changent beaucoup de choses, surtout pour des projets de maison individuelle, d’extension ou de carport.
Premier principe, vérifier l’urbanisme avant de dessiner. Cela veut dire récupérer le PLU ou le règlement communal en ligne ou en mairie, repérer précisément sa parcelle sur le zonage, et lire les articles qui s’y appliquent. Hauteur, emprise au sol, toiture, stationnement, clôtures, tout est écrit. Sur une extension de 10 m², beaucoup tombent encore des nues en découvrant qu’au-delà d’un certain seuil, la procédure bascule et que le permis devient obligatoire, comme détaillé dans des ressources spécialisées sur l’extension de 10 m² et le permis.
Deuxième principe, adapter le projet aux contraintes plutôt que l’inverse. Sur ma maison de ville, par exemple, la cour arrière ne permettait pas de monter en hauteur sans casser l’ensoleillement des voisins. L’extension a donc été travaillée en longueur, avec une toiture légère et un traitement de façade qui reprenait les codes existants. Côté budget, la structure n’était pas moins technique, mais le dossier a glissé sans accroc à l’instruction.
Troisième principe, soigner le dossier. Plans lisibles, coupes claires, notice explicative qui montre que le projet respecte les règles, insertion paysagère crédible, tout cela rassure les services instructeurs. Un dossier mal présenté, avec des pièces manquantes, génère des demandes de compléments, des allongements de délais et, parfois, un refus par lassitude. Sur un carport en limite séparative, un simple schéma de coupe montrant la gestion de l’eau pluviale et la hauteur exacte en limite a permis d’éviter un blocage avec le voisin.
Enfin, ne pas négliger les à-côtés réglementaires. Une autorisation peut être obtenue, mais d’autres règles continuent de s’appliquer : servitudes de passage, règles de copropriété, normes électriques, obligations thermiques. Avant de signer un devis, faire le tour du sujet, par exemple en regardant la question des travaux en présence d’une servitude de passage, ou en se demandant si le carport restera ouvert ou sera fermé l’hiver.
Petit aparté technique : côté budget global, un projet à permis implique d’autres postes que la simple construction. Taxes d’aménagement, branchements, éventuels aménagements extérieurs pour respecter les conditions du permis (places de parking, clôtures, végétalisation), tout cela s’anticipe. Sur une maison neuve construite seule sur terrain viabilisé, les postes « invisibles » pèsent facilement 15 à 25 % du budget total.
Du coup, la bonne approche consiste moins à chercher à « passer entre les gouttes » qu’à utiliser les règles comme cadre de conception. Un projet de maison bien pensé sur son terrain, lisible pour l’administration et honnête sur ses impacts, a peu de chances de se faire balayer sans raison valable. Et quand la discussion se tend, savoir qui a vraiment le dernier mot, et à quel moment engager quel type de recours, permet de garder la main sur son chantier plutôt que de le subir.
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Dans l’immense majorité des cas, c’est le maire qui signe le permis de construire, au nom de la commune. Cette compétence est exercée dès lors que la commune dispose d’un document d’urbanisme comme un PLU et qu’elle a pris la compétence urbanisme. Le maire s’appuie sur un service instructeur, mais la décision finale lui revient, sous réserve du contrôle de légalité de la préfecture et d’éventuels recours devant le tribunal administratif.
Dans quels cas le préfet peut-il décider d’un permis de construire ?
Le préfet délivre directement le permis de construire principalement lorsque la commune ne dispose pas de PLU ou n’a pas pris la compétence en matière d’instruction des autorisations d’urbanisme. Il peut aussi intervenir si la commune est défaillante ou si un permis tacite soulève de graves questions de légalité. En dehors de ces situations, son rôle consiste surtout à contrôler la légalité des décisions du maire et, si nécessaire, à saisir le tribunal administratif.
Comment contester un refus de permis de construire ?
Un refus peut d’abord être contesté par un recours gracieux adressé au maire dans un délai de deux mois après la notification. Ce recours demande un réexamen de la décision et suspend temporairement le délai pour saisir le tribunal. Si la mairie maintient son refus, vous pouvez déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif, toujours dans un délai de deux mois. Le juge vérifiera la conformité de la décision aux règles d’urbanisme et pourra l’annuler si elle est illégale ou insuffisamment motivée.
Le maire peut-il refuser un permis malgré un avis technique favorable ?
Oui. Même si le service d’urbanisme rend un avis favorable, le maire conserve un pouvoir d’appréciation. Il peut refuser un permis s’il estime que le projet porte atteinte à l’ordre public, à la sécurité, au patrimoine ou à l’intérêt général local, à condition de motiver précisément sa décision en s’appuyant sur les textes applicables. Un refus sans base juridique claire reste toutefois fragile devant le juge administratif.
Qui a le dernier mot en cas de litige sur un permis de construire ?
En cas de recours, le dernier mot revient toujours au juge administratif. Ni le maire ni le préfet ne peuvent s’opposer à une décision du tribunal. Celui-ci peut annuler un refus, annuler un permis jugé illégal, ou demander une régularisation. Dans certains dossiers complexes, l’affaire peut monter à la cour administrative d’appel, voire jusqu’au Conseil d’État, mais le principe reste le même : c’est la juridiction administrative qui tranche en dernier ressort.
